Bienvenue sur world-blogueur.com ! Ce blog rassemble les récits et photos de mes périples et expériences près d'ici ou à travers le monde. Des voyages à vélo, en bus, en train, sac à dos, en fourgon, en famille, en montagne ou tout au nord... Consultez également ma bibliothèque qui rassemble mes comptes-rendus de lecture, et inscrivez-vous à la newsletter afin d'être informé des dernières mises à jour. Bonne route...

dimanche 30 décembre 2001

Bibliothèque - Récit de montagne: 342 heures dans les Grandes Jorasses

342 heures dans les Grandes Jorasses de René Desmaison (réédition)
Prix indicatif: 8.50 € - Cliquez sur l'image pour l'acheter


Mon avis sur ce livre


Février 1971, René Desmaison et Serge Gousseault tentent une voie directe à la pointe Walker aux Grandes Jorasses. Pendant 342 heures, René Desmaison va se battre contre la faim, contre les éléments mais aussi contre la mort, il ne pourra empêcher celle de son compère Serge Gousseault. Un combat à la verticale sur fond de polémique, un récit poignant et glaçant qui associe le lecteur à cet engagement extrême.

jeudi 4 octobre 2001

Bibliothèque - Récit de montagne: Annapurna, premier 8000

Annapurna premier 8000 de Maurice Herzog
Prix indicatif: 25.00 € - Cliquez sur l'image pour l'acheter


Mon avis sur ce livre


Les tâtonnements d'une poignée d'alpinistes français en 1950, en route pour la conquête du premier 8000 jamais gravi. Le récit nous emmène dans une exploration hasardeuse, guidée par des cartes imprécises entre Daulaghiri  et Annapurnas.

Une entreprise collective, portant l'enjeu national sur ses épaules qui met en lumière le caractère  vital d'évoluer au sein d'une équipe unie pour la victoire.

mardi 21 août 2001

Tanzanie, Kilimanjaro, on a marché sur la Lune

Une "ascension éclair" organisée du 12 au 21 août 2001 qui visait à gravir le plus haut sommet du continent Africain, le Kilimanjaro et son célèbre Uruh Peak qui culmine à 5895 m. Aucune technique n'est requise pour s'y attaquer mais l'acclimatation ou plutôt la non-acclimatation cause plus de 50% d'échecs... Bienvenue sur une montagne unique au monde, bienvenue sur la lune...


12-13/08/2001

Départ de Roissy. Après des escales interminables à Rome et à Jeddah (Arabie Saoudite), nous parvenons à Nairobi, capitale du Kenya... 6 heures de bus plus tard, de routes chaotiques, de troupeaux évités de justesse, nous arrivons à Arusha, ville départ pour ceux qui rêvent de conquérir le Kilimanjaro . Nous sommes partis de chez nous depuis...38 heures ! Nous rencontrons les quatre français qui seront avec nous pour l'ascension du toit de l'Afrique.

14/08/2001

Départ pour Machamé Gate où nous rencontrons les guides et les porteurs ( 9 ! ). C'est aussi le passage obligé pour payer les taxes d'entrée au parc: 485 dollars par personne pour être autorisé à fouler les pentes du volcan !
Nous nous mettons sans tarder en route, l'ascension débute par un large chemin, en forêt... Tous partent devant, avec Gatien, nous préférons en garder sous le pied, nous dormons ce soir à 3100 mètres d'altitude... 



Le chemin se rétrécit, deux heures plus tard, nous sommes dans la jungle et dans la boue, abrités par d'impressionnantes fougères géantes, dans une végétation des plus luxuriantes...
De temps en temps un cri de singe bleu...nous en avons pourtant jamais vus.
 

Après 4 heures de marche, la végétation s'espace, nous parvenons à une clairière, premier camp vers 3100 m à Machamé Hut.



15/08/2001


Le lendemain, nous nous échappons une bonne fois pour toute, de l'emprise de cette forêt. La végétation se disperse, de curieuses plantes bordent le chemin: des séneçons géants.
Nous distinguons désormais aisément le sommet, que la route est longue encore !  Nous bivouaquons à Shira Plateau à 3810 m, nous sommes six, Pascale, Nicolas et Claire ne se sentent pas très bien, nous sommes montés vite mais nous n'avons pas le choix.

Le vent souffle sans discontinuer et charrie par rafales des nuages de poussière volcanique. Nous nous couchons dans la poussière et le bruit...  


16/08/2001

Réveil matinal dans la poussière. En effet, je ne distingue plus la couleur de mon sac de couchage, nous avons trois millimètres de poudre sablonneuse sur le visage, dans la bouche et le nez. Après un bref dépoussiérage, nous nous mettons en route.




Les quelques séneçons qui avaient retenus notre attention la veille, paraissent désuets, comparés aux milliers qui envahissent l'endroit.




L'endroit est superbe mais excessivement humide. 

Après une pause salvatrice vers 4300 m, nous redescendons jusqu'au bivouac de Barronco ( 3950 m ).

17/08/2001

L'étape qui s'offre à nous est assez longue. Nous nous levons au petit jour. La condensation a gelé sur le toit de la tente et un vent frais nous transperce le corps. Nous n'osons sortir de notre nid...
 

Après un petit passage rocheux, nous faisons une petite pause vers 4000 m. Les paysages qui nous attendent ne sont pas dignes de figurer sur terre: des kilomètres de "rien", des étendues arides à perte de vue, des bombes de lave qui jonchent le sol et pas le moindre signe de vie...

Seuls au monde, et 3000 m plus bas, la savane, un écosystème luxuriant partagé par les Hommes et les bêtes.






Nous arrivons fatigués au dernier camp vers 4700 m...



Gatien et moi allons assez bien, Gilles semble tenir le coup, les autres gisent dans leur tente, à grand renfort d'aspirine et de Diamox. 

Nous ne voyons pas ce que nous dominons, la mer de nuage est tenace, elle nous donne l'impression d'être seuls survivants... Le sommet est là, quelques centaines de mètres plus haut.

Nous nous couchons vers 17h30, dormons très peu.


18/08/2001

Levé 23h30, départ 0h00... 

Vais je bien, vais je mal ? 

Je n'en sais rien, il fait nuit noire et mon unique pensée est de marcher, de mettre un pas devant l'autre, dans cet énorme pierrier qui doit nous mener à la consécration.
La température avoisine les -20°c, on n'entend pas un mot, juste le râle rauque si caractéristique de la marche à ces altitudes où nous ne sommes que de passage. 4900, 5000, 5200 m, les lampes frontales nous lâchent, on distingue les lumières scintillantes de Moshi près de 4000 m plus bas, encore un énième arrêt pour reprendre
son souffle... 



Cette fois, c'est plus embêtant, Claire est courbée, elle crache puis vomit...
Nous commençons à ne plus penser clair, le jour ne se lève que dans 2 heures, nous sommes terriblement seuls.
 

Nous repartons. Parfois, dans de telles situations, tout va mal. 

Mais avec le lever du jour, les soucis et les préoccupations scabreuses s'effacent. Le premier rayon de soleil sur le visage nous redonne courage.

Nous arrivons très vite à Stella Point ( 5680 m ), nous savons désormais que nous irons tous au sommet, il ne reste qu' 1h30.





Désormais chacun son rythme, je pars avec Gilles, pressé d'en finir avec le volcan...
Nous avançons comme des fous, gardant en ligne de mire le sommet, encouragés par les quelques occidentaux qui redescendent du point culminant de l'Afrique. Je me retourne, Gilles n'est plus là, je continue, j'arrive au sommet à bout de souffle…
 

Finalement, le sommet me tend les bras 35 minutes après s'être arrêtés à Stella Point. 

Gilles arrive, Gatien 50m derrière et quelques minutes plus tard, nous sommes tous au sommet; grand moment à 5895 m !






Le froid cinglant ( -25 °c ) nous oblige abréger notre séjour à cet endroit si convoité, nous redescendons avec Gatien et Essoa.

Nous savons que chaque mètre de perdu est autant d’oxygène disponible gagné, nous descendons au pas de course .




Deux heures après nous sommes à 4700 m, nous mangeons un peu, nous nous reposons et repartons pour le dernier camp à 3150 m...

4700 m puis 5895 m pour se poser enfin à 3150 m, la journée fut harassante: 15 heures de marche !  De l'air et de l'herbe: une nuit de plomb ! 


19/08/2001

Après avoir traversé la jungle, nous passons la porte "Mweka Gate".





Quatre heures plus tard, nous sommes à l'hôtel, soulagés mais frustrés de devoir rentrer sur Paris dès le lendemain... 

Nous allons dîner ensemble dans un restaurant d’Arusha.  Une longue table, des clients qui commandent, mangent et boivent et au final, une addition que nous paierons pour toute la table.  Les autres clients ayant préféré partir avant… 


20/08/2001


Départ d'Arusha pour Nairobi, nous dormons, Gatien et moi dans le bus (quel exploit ) et après 7 heures d'attente à Nairobi, nous montons dans l'avion qui, d'escales en escales nous ramène quelques dizaines d'heures plus tard à Roissy, éreintés et déboussolés par les 42°c à Jeddah en Arabie Saoudite.



21/08/2001

Arrivée à Roissy, 9 jours après être partis; vraiment trop court ! Nous avons gravi le toit de l'Afrique, avec le regret de ne pas avoir passé plus de temps sur place...

Je porte mes photos à développer, le photographe me raye trois pellicules...

dimanche 5 août 2001

Montagne - Ascension du Pic de Neige Cordier (3615 m) - France

Une pyramide rocheuse coiffée de trois sommets, dominant le Glacier Blanc du haut de ses 3615 m, ainsi se présente le Pic de Neige Cordier. Une ascension mixte et un final aérien seront les clés de ce sommet peu technique.

Quelques mots
Date: 31 juillet 2001
Avec: Gatien
Rochers secs, itinéraire en très bonnes conditions.
Description de l'itinéraire

Cartographie
IGN 3436 ET
Région
Massif des Ecrins
Voie
Voie Normale
Type d'escalade
mixte
Altitude de départ
2542 ou 3170 m
Dénivellation
1073 ou 445 m
Orientation
S
Inclinaison max
40°
Cotation globale  
F
Cotation engagement  
II
Matériel
matériel de sauvetage en crevasses, piolet + crampons
Logement
Refuge de Écrins, Refuge du glacier Blanc ou bivouac sur le glacier du même nom vers 3200 m ( attention à ne pas bivouaquer au pied de la face ( chutes de séracs )
Accès
Vallée de Vallouise - Ailefroide - Pré de Madame Carle


Du refuge du Glacier Blanc, suivre le sentier menant au refuge des Ecrins. Remonter le glacier sur la droite en faisant attention aux premières crevasses. Puis, peu avant le refuge des Ecrins, remonter au nord le vallon glaciaire en direction du col Emile Pic ( 3483 m ). La pente devient progressivement plus raide (40°). Au col, prendre à droite et remonter une pente de neige ou de glace légèrement en contrebas de l’arête sud-ouest. Par un cheminement facile dans des rochers brisés ( attention aux
chutes de pierre ), rejoindre le ou plutôt les sommets (3615 m ) du Pic de Neige Cordier. La vue y est panoramique ( Glacier Blanc, Barre des Ecrins, Aiguilles d'Arves... )

Descente par le même itinéraire.



 

Montagne - Ascension de Roche Faurio (3730 m) - France

Roche Faurio est un superbe belvédère qui surplombe le Glacier Blanc et offre des vues incomparables sur la Barre des Ecrins ; On y distingue facilement les cordées qui montent avec le jour.  

Quelques mots

Date: 31 juillet 2001
Avec: Gatien

Belle montée, courte et facile. Au sommet, le vide !
 
Description de l'itinéraire

Cartographie
IGN 3436 ET
Région
Massif des Ecrins
Voie
Voie Normale
Type d'escalade
neige + quelques longueurs en rocher facile
Altitude de départ
3170 m
Dénivellation
570 m
Orientation
O
Inclinaison max
30°
Cotation ski  
S3
Cotation globale  
F
Cotation engagement  
II
Matériel
matériel de sauvetage en crevasses, piolet + crampons + matériel de ski éventuellement.
Logement
Refuge de Ecrins, Refuge du glacier Blanc ou bivouac sur le glacier du même nom vers 3200 m ( attention à ne pas bivouaquer au pied de la face ( chutes de séracs )
Accès
Vallée de Vallouise - Ailefroide - Pré de Madame Carle

Depuis le refuge des Ecrins, rejoindre le glacier Blanc, et le remonter sur la droite jusque sous le col des Ecrins. Remonter la première ou seconde pente à droite(nord) en direction des pentes neigeuses de Roche Faurio. On aboutit ensuite à un replat, où l’on peut choisir deux itinéraires : soit suivre une arête de neige sans difficulté ( sur la gauche ), ou prendre une variante plus directe et plus raide. L’arête est plus belle et offre des vues panoramiques (Rouies, Muzelle...). Suivre la ligne évidente, qui mène au promontoire rocheux. Au sommet ( 3730 m ), vue sur la face nord de la Barre des Ecrins.

Même itinéraire à la descente



Montagne - Dôme des Ecrins (4015 m) - France

Le Dôme des Ecrins est un des rares 4000 faciles des Alpes. Du haut de ses 4015 m, il offre à ceux qui le gravissent une vue inoubliable sur les Alpes, et ce "petit quelque chose" qui nous rappelle que l'oxygène s'y fait rare.

Quelques mots

Date: 1er août 2001
Avec: Gatien

Description de l'itinéraire

Cartographie
IGN 3436 ET
Région
Massif des Ecrins
Voie
Voie Normale - Face N
Type d'escalade
neige
Altitude de départ
3170 m
Dénivellation
900 m
Orientation
N
Inclinaison max
35°
Cotation globale  
F
Cotation engagement  
II
Matériel
matériel de sauvetage en crevasses, piolet + crampons
Logement
Refuge de Ecrins, Refuge du glacier Blanc ou bivouac sur le glacier du même nom vers 3200 m ( attention à ne pas bivouaquer au pied de la face ( chutes de séracs )
Accès
Vallée de Vallouise - Ailefroide - Pré de Madame Carle

Depuis le refuge des Ecrins, rejoindre le glacier Blanc, et le remonter sur la droite jusqu'au sous le col des Ecrins. Remonter, en longeant l'arête rocheuse et sous la barre de sérac, une grande pente peu crevassée. Traverser, en diagonale, sous la barre de séracs et la contourner à gauche, franchir quelques crevasses puis gagner le plateau supérieur situé sous la Barre des Ecrins. Du plateau supérieur, monter en direction de la face nord de la Barre des Ecrins. 50 m sous la rimaye, traverser vers la droite ( variable suivant les années )Franchir la rimaye et atteindre le dôme de neige des Ecrins ( 4015 m ).

Descente par le même itinéraire 


lundi 23 avril 2001

Népal, marche au pays des Dieux

Cette expédition a été réalisée par le biais de Terre d'Aventures, du 1 au 21 avril 2001. L'objectif de ce projet était de réaliser l'ascension du Mera Peak, un sommet de 6476 m, facile techniquement, situé dans la vallée sauvage de l'Hinku. Dans une aventure de 3 semaines au cœur de l'Himalaya, ce sont des images de montagnes mais aussi et surtout des rencontres et des émotions rencontrées nulle part ailleurs... Marche au pays des Dieux....


01/04/2001
 
Départ de Roissy avec les autres membres de l'Expédition. Nous sommes 5 français, un suisse et notre guide Fabien Ibarra. 
Nous décollons à 17h30.

02/04/2001

Après d'interminables escales à Lahore et Karachi ( Pakistan ), après avoir stupéfait les douaniers avec les crampons, nous arrivons à 14h30 à Katmandou , capitale du Népal à 1350 m d'altitude, enclavée dans une petite vallée polluée.



Nous sommes accueillis par l'agence locale à grand renforts de "namasté "( bonjour ) et de colliers de fleurs.
 

Nous traversons Katmandou en bus, le temps d'observer que poussière rime avec misère et que le Coca cola de la World company est omniprésent.
Nous sommes transférés à l'Hôtel, un hôtel luxueux, peut être trop d'ailleurs...
Nous allons nous promener en ville, avant d'aller nous coucher.
Le contraste avec l'occident est saisissant, Katmandou est une ville bruyante et poussiéreuse mais d'une chaleur humaine très perceptible, nous sommes en terrain hospitalier. J’ouvre les yeux sur le monde que l’on peut découvrir dans les beaux livres…


03/04/2001

Les choses sérieuses commencent, réveil 5h00. Nous embarquons dans un petit coucou d'une dizaine de place, un avion non pressurisé qui vole à vue. Nous devions atterrir à Lukla, mais l'aéroport est fermé, nous devons nous rabattre sur un autre village: nous perdons d'entrée, un jour.
Nous nous engageons dans ces montagnes tant convoitées, pour atterrir à Phaplu, petit village Népalais à 2500 m d'altitude.



Pas de route, pas de voiture, le Népal des Montagnes ne se gagne qu'à pied.
La piste de 200 mètres est en pente pour permettre à l’avion de s’arrêter ou de décoller… Elle est recouverte de cailloux, c’est pour cette raison, nous dit-on que les pneus de l’avion sont sous-gonflés, ils risqueraient d’exploser !

La moitié du village est là, à attendre de se faire employer en tant que porteurs. Nous retrouvons nos contacts locaux, sans peine.
On nous sert le thé puis nous partons aussitôt , accompagnés par nos 15 porteurs, 4 cuisiniers et 3 sherpas.
Nous pénétrons ainsi dans le Népal profond, les contacts sont toujours timides, toujours authentiques.



Nous passons devant une école, nous échangeons quelques morceaux de chocolats avec un petit garçon et sa grande sœur, qui retournent chez eux ( plus d’une heure de marche ).
Visite d’une école de Lamas, où dès le plus jeune âge, les enfants, crâne rasé, sont initiés aux rites du bouddhisme.


Le soir, premières gelées, première nuit en altitude, première nuit en Himalaya. ( 2931 mètres ).

04/04/2001

Réveil, 4°c dans la tente, -1°c dehors. 
Nous descendons dans les bois, passons de multiples ponts suspendus et les rencontres sont toujours étonnantes.


Nous parvenons à un Lodge vers 1600 m d'altitude où nous jouons au football avec un petit garçon, sous les yeux amusés de sa mère. Tout nous sépare, un rien nous rapproche.
Nous nous baignons rapidement dans la Dudh Khosi puis nous reprenons la route.

Nous parvenons en pays Raï.


Nous remontons doucement jusqu'au campement de Karikohla ( 2140 m ).
Je suis inquiet, l'acclimatation ne me semble pas optimale.
Nous dînons dans un Lodge puis nous nous couchons.

05/04/2001

Petite étape aujourd'hui, nous montons jusque Ponkgongma ( 2846 m )
Nous déambulons dans les cultures en terrasse, les paysans sont au travail depuis bien longtemps déjà.
 

Au terme d'une longue montée, nous arrivons comme dans un rêve à un grand monastère, perché au milieu de nulle part, semblant dominer les nombreux sommets enneigés. ( 2600 m ) Nous poussons les portes de cette impressionnante bâtisse, nous y sommes accueillis avec chaleur et simplicité.
 

Je décide de partir seul devant.
La forêt est dense, mon altimètre semble erroné, suis je toujours sur le bon chemin ?
1 heure plus tard, je distingue le village tant convoité, je m'assied et attend les autres.
Phurba arrive, me signale qu'il ne faut pas être seul dans cette forêt peu sure...
Nous arrivons à Pankgongma. Le camp est monté, nous montons avec Laurent,    Nicolas et Philippe jusqu'à la Stupa qui domine le village ( 3000 m ).
Ces lieux magiques, dominant les vastes étendues sont propices à la méditation.
1h30, 2h30, 3h30...  Je passe une nuit affreuse, je ne dors pas et passe plus de temps dehors que dedans.

06/04/2001

Petite étape, encore une fois, nous devons pénétrer dans cette fameuse vallée de l'Hinku, sanctuaire du Mera Peak. 
Nous passons le col du Pankgongma La ( 3173 m ) puis plongeons sur Shibuche pour se ravitailler.
Mes ennuis gastriques ne s'améliorent pas, je me sens pas très bien, je me sens pas bien, je me sens mal, très mal même, il faut que je m'allonge...
Finalement, Nicolas trouve un Coca Cola de 1996, je le bois et un quart d'heure plus tard, je suis guéri !!
Nous pénétrons dans la forêt, la " jungle " puis parvenons à un "hameau" d'une maison, Wgong Sha. La rusticité des lieux et l'étonnement de cette famille trahit le peu de contact qu'ils ont pu avoir avec l'extérieur.
Les occidentaux que nous sommes, ont été cependant parfaitement accueillis, nous avons joué avec Gensen et ses petites sœurs, nous avons dessiné, fait des bulles de savon... Ces pauvres gens n'ont rien et nous offrent tout, une véritable leçon de vie dans une société ou face à un « homme  louche » on change de trottoir…



Un verre de Whisky (ramené de Suisse par Philippe) et au lit !

07/04/2001


Je vais mieux ! Au programme aujourd'hui, 5 heures de marche entre arbres centenaires et rhododendrons géants. 
Enfin, première vue sur l'objet de nos désirs : le Mera Peak ! Nous passons un col à 3190 m, puis nous nous engageons dans une épaisse forêt de bambous.
Il faut trouver un campement. Ce n'est pas un problème pour nos porteurs, qui armés de leurs Khukhuri ( machette) nous nivellent et aménagent une clairière digne de ce nom ( 3055 m) . Nous sommes au bout du monde !
 

Michel n'est pas bien, premier Diamox.

08/04/2001

Les choses sérieuses commencent. Comme à notre habitude, Nicolas et moi, sommes réveillés à 5h30, comme à notre habitude, nous nous faisons "engueuler" parce que nous réveillons tout le monde. 
Nous marchons longtemps entre 3400 m et 3550 m, puis nous redescendons et prenons pied sur l'énorme moraine de l'Hinku, vers 3400 m.
Une heure en bordure de moraine et nous parvenons au bivouac.
 

Le campement est magnifique, en bord de rivière, surplombé par les gigantesques montagnes blanches.
Nous faisons un feu ( 2 arbres abattus ) puis nous allons nous coucher, nous n'entendons que le doux ruissellement de l'eau entre ces énormes rochers.

09/04/2001

5h30, 2°c dans la tente.
Grosse journée aujourd'hui, nous devons remonter la moraine, le chemin est délicat, souvent inexistant et nous devons ménager nos chevilles de rochers en rochers. Nous semblons écrasés par l'omniprésence du Pic 43.

Vers 3900 m, nous quittons la moraine, traversons de grandes étendues de petits buissons. 
Nous parvenons à un petit monastère, taillé dans la roche vers 4100 m. Nous voila à Tangnag ( 4170 m).
Nicolas a oublié son appareil photo au monastère, il y retourne au pas de course, ce qui lui vaudra un bon mal de crane: un diamox et une nuit pour le moins tourmentée.


Il se met à neiger, -5°c puis -10 °c, nous nous couchons.

10/04/2001

Ce matin, nous avons mis le réveil à 5h00 pour espérer voir le lever de soleil.
Toute la nuit, nous avons entendu les rafales de vent, les chutes de séracs et les avalanches.
Les premiers rayons du soleil effleurent le Pic 43, trois centimètres de neige fraîche au sol, et les premières "engueulades" ( il est 6h00, nous parlons trop fort, ils ont raison... ). Le spectacle est magique, solennel.


Nous partons et passons devant quelques habitations… Les enfant sont déjà levés et nous guettent…
 
Nous passons au pied de l'impressionnant Kussum Kanguru ( 6760 m ) puis nous obliquons vers l'est, pour remonter cette fameuse vallée de l'Hinku.
Le camp de base ( Dig Kharka ) est la, au fond, tout au fond.
Nous passons devant ce magnifique lac, le Sabaï Tsho ( 4400 m ), qui avait inondé la vallée quelques années auparavant.



Méditation…

Je me sens pas très bien, les effets de l'altitude se font sentir. Nous arrivons au camp de base vers 4850m, je suis mort de fatigue, l'altitude est pesante, tout devient pesant.
Beaucoup d'autres expéditions sont installées, nous qui n'avons vu personne depuis plusieurs jours, nous voici entourés d'occidentaux.
Les conversations sont en anglais, en allemand, en espagnol, c'est réconfortant finalement.
20h30, -6°c dans la tente, 2 aspirines. Nous allons nous coucher, la journée fut difficile !

11/04/2001

Journée de repos au camp de base. Lever 5h45.


Il neige, la température dans la tente est de -4°c.
Nous prenons notre temps aujourd'hui, vers 12h00, nous "poussons" jusqu'à 5200 m.



Demain, nous nous attaquons à la montagne, nous devons parvenir directement au camp 2 vers 5800 m.
Nous nous couchons tôt sans être parvenus à manger.

12/04/2001

Nous devons rejoindre aujourd'hui, le camp 2 ( 5800 m ) directement. 

Il s'agit d'une grosse étape (près de 1000 m de dénivelé) en altitude. Nous chaussons vers 5200, il fait chaud. La première corde fixe nous mène au Mera La, vers 5400 m.

Chacun est monté à son rythme, je suis arrivé avec Nicolas, nous attendons les autres. Je me sens vraiment très bien.
 
Vers 5500 m, l'altitude commence à se faire sentir, elle commence à perturber l'entrain des mes pas. A 5600 m, je suis vidé, incapable de continuer, et pourtant...

Les 200 derniers mètres sont un véritable calvaire.

Nous parvenons au bivouac, je ne peux pas monter la tente, je m'assieds, puis me lève, me couche...



4 Heures sans pouvoir espérer me lever tellement le mal de crane est violent. Mes compères ne sont pas mieux mais ils me font à manger. Je ne peux pas manger, je ne tiens pas debout, je ne tiens pas assis, je ne tiens pas. A chaque fois que l'on me parle, j'ai l'impression qu'un camion lancé à vive allure, me percute la tête.
Le médecin du groupe vient régulièrement me prendre le pouls, je suis inquiet, lui non.
Dans la soirée, panique. Dans une des tentes voisines (Allibert), un alpiniste fait un œdème pulmonaire, tout le monde crie et s'agite... Corticoïdes et caisson toute la nuit.
Je suis mal, affolé, inquiet, non pas inquiet... Le pauvre alpiniste survivra à ces longues heures d'angoisse et sera redescendu à dos d'homme le lendemain...
A ce moment, mes seules envies sont d'oublier le Mera Peak et de redescendre dès le lendemain, si la nuit se passe bien, si la nuit se passe...

13/04/2001


Après avoir dormi par bribes toute la nuit, après avoir beaucoup bu, je me lève à 3 heures, ça va mieux, un léger mal de crane mais rien de trop handicapant.
Je vais au moins passer la barre des 6000 m.
 
Nous partons à 5h00, Laurent ne suivra pas.
La vue dans la montée est magique; Everest, Lothse, Makalu, Baruntse...

Le simple fait de prendre des photos est un supplice, une violence que je ne regretterais jamais.
 
6000, je pousse...
6100, je pousse...
6200, nous divisons les cordées, je vais avec la plus lente, je pousse...
Les nuages nous suivent, la cordée Allibert aussi.
Vers 6200 m, alors que je n'ai cessé d'encourager Michel, j'espère à mon tour, qu'il me dise, ok, on descend...



Et non, c'est à lui de m'encourager, chaque pas est une souffrance, chaque pas est une victoire. Nous avons cependant trouvé notre rythme.
6300 puis 6400 m, au pied des cordes fixes.



Les nuages sont la, juste derrière nous, il faut faire vite !
Ils sont déjà 3 au sommet, je m'assure, c'est raide, difficile mais le sommet est si proche !
A 5 mètres du sommet, à 6470 m, en bout de corde, ordre de redescendre !
L'orage violent arrive, les bourdonnements ont été ressentis ! Je n'ai pas passé une seconde au sommet, après 13 jours d'approche !


Michel est 70 mètres plus bas...
Nous ferons toute la descente dans la neige, le brouillard, le froid et le soulagement d'avoir vaincu, de redescendre. 
2h30 plus tard, nous sommes au camp de base à 4850 m, nous avons croisé des anglais qui ne nous rassurent pas sur l'état de santé de notre ami alpiniste, rescapé de sa nuit en altitude.  48 heures sans manger ni dormir réellement, 24 heures au dessus de 5800 m, le camp de base est un petit bout de paradis.  Jambon purée, ce soir ! quel bonheur !
Nous commençons à penser aux restaurants de Katmandou. Laurent ne va pas mieux.  Nous nous couchons baignés d'un air oxygéné ( quoique à 4850 m... )

14/04/2001

Réveil 5h30, pour ne pas changer.
30 cm de fraîche, nous devons redescendre jusqu'à Koté ( 3550 m ), le camp moraine que nous avions utilisé à l'aller.


La descente est splendide, nous faisons la trace pour les porteurs, la chaleur est écrasante.



A Tangnag, nous rencontrons 2 français de Moselle. 
Après avoir discuté 10 minutes, nous repartons, je pars devant, j'ai besoin d'être un peu seul. Il se met à neiger, puis à grêler, enfin à pleuvoir. Je les attends à 200 m du bivouac.
Nous prenons un thé réconfortant, puis je fais du football avec Ang Grami, un gamin... Pendant 1h30, nous jouons avec une vieille canette en guise de ballon, et tout ça, à 3550 m, sans aucun problème de respiration...


15/04/2001

Départ sous le soleil, nous montons jusqu'au Zetra La ( 4700 m ) accompagnés de deux chiens ( ? ).
Le temps se couvre, nous ne voyons plus rien, Fabien et moi prenons le large. Nous rencontrons deux autrichiens, attendons les autres puis repartons. Le paysage sur les crêtes se dévoile, la vue est extraordinaire.  Nous sommes à 4700m, sans éprouver aucune difficulté !
Nous parvenons au Lodge du Zetra vers 4200 m, pour le dernier bivouac de notre aventure. Le coca cola est un liquide magique et tellement apprécié

16/04/2001

Dernier col à passer, vers 4600 m.


La pente est raide, très raide, nous installons des cordes fixes pour que nos pauvres porteurs puissent tenir debout, sans risquer la chute à l'issue pour le moins incertaine...


Enfin, nous prenons pied sur un chemin en terre, nous avons de l'air et de l'herbe !
Fabien et moi partons devant et après 1h30 de "footing alpin" entre 3400 m et Lukla ( 2800 mètres ), nous parvenons à ce village qui signifie cruellement pour nous, la fin de notre isolement.





Lukla est un village sur le chemin de l'Everest, assez fréquenté, mais bien entendu dépourvu d'infrastructures et de routes.  On arrive à Lukla à pied ou en avion.

Nous entrons dans l'hôtel au moment ou la pluie commence à tomber. Nos compères arriveront trempés jusqu'aux os.
  Une douche ! Rustique mais une douche !
Après s'être baladés dans Lukla, avoir écumé les échoppes et les ruelles moyenâgeuses, nous dînons puis distribuons les pourboires à notre fidèle équipe. Merci à vous tous...  Nous leur donnons aussi des vêtements et des médicaments.  La nuit nous tend les bras.

17/04/2001

Excellente nuit, bien que le matelas pourtant bien dur, me paraisse trop mou...
Petit déjeuner et transfert jusqu'à l'aérodrome.
Nous avons affrété un hélicoptère, ce genre d'hélico russe... Je suis assis dans le Cockpit, à coté du pilote, l'instant est magique. Nous repassons au dessus de certains chemins que nous avons emprunté 10 jours auparavant ! Atterrissage en douceur à Phaphlu, que nous avons quitté le 3 avril, puis transfert en avion jusqu'à Katmandou.
Retour à la case départ. Arrivée à l'hôtel, je décide de prendre un bain, l'eau est noire, qu'importe. Nous dînons dans une pizzeria (Fire and ice), nous dévorons plutôt.
Nous nous couchons exténués.

18/04/2001


Journée dédiée aux emplettes à Thamel, à la visite de la Stupa de Botnath et du site funéraire de Patchupatinath; ce lieux ou les morts sont brûlés et jetés dans la rivière, déjà noire de détritus.










Cette journée fut accompagnée par les singes, omniprésents dans ce quartier de Kathmandou.  

19/04/2001

Visite de Bakthapur, une cité où les gens semblent vivre au moyen âge, dans des ruelles étroites à l'ombre de temples gigantesques.





20/04/2001

Retour sur Islamabad (Pakistan), où les douaniers confisquent les budhas, nous palpent plusieurs fois les testicules et nous fusillent du regard...
Nous y passons 6 heures, à ne pas savoir si nous allons pouvoir embarquer.

21/04/2001


Nous avons marché au pays des dieux, bienvenue à Paris… 
 
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