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mardi 5 mai 2015

Wild wild west Ireland (1/3)


Des moutons broutant une herbe verte poussant sur de hautes falaises dominant une mer agitée sous un ciel toujours plus gris...  Une caricature de l'Irlande ? Pas vraiment ! Au fil des kilomètres, l'île offre cependant de jolies surprises.
3000 km en famille et en fourgon sur les routes étroites et sinueuses d'Irlande et d'Irlande du Nord.
Partout, l'océan.

19/04/2015

Jour : 409 km    Total : 409 km

Nous retrouvons avec un immense plaisir le fourgon. Les petits ne cachent pas leur excitation. Quelques kilomètres après notre départ, c’est une voiture arborant une plaque d’immatriculation irlandaise qui nous précède. Il suffira donc de la suivre…
Cherbourg est le but de l’étape aujourd’hui. Nous devons y embarquer sur le ferry, qui, durant 18 h, doit nous emmener sur la côte sud irlandaise. La cabine nous convient; deux lits superposés et une petite salle de bain. L’émerveillement et l’étonnement passés, les couloirs étroits du navire sont un formidable terrain de jeu pour les enfants. Pour nous, parents, le terrain ne nous est pas favorable. Il faut contenir leur énergie et ne pas perdre leur trace…





19h00, nous dormons tous, bien avant le coucher de soleil que je comptais photographier.

20/04/2015

Jour : 268 km    Total : 677 km

Le soleil illumine le pont, les côtes irlandaises se dessinent. Il me tarde de prendre la route.


Nous débarquons puis empruntons à vive allure la route qui nous mène au Rock of Cashel , un site majeur d'art celtique et médiéval en Europe.


Les constructions se sont juxtaposées au gré des époques, ce qui rend l'ensemble singulier. Vert et gris, le sol, le ciel, la pierre.  Difficile de jongler avec les éclaircies pour obtenir une lumière satisfaisante.
















Première boite de conserve avalée sur un parking en plein vent, le voyage commence !
A mesure que nous nous dirigeons vers Kinsale, le ciel se découvre.
Kinsale est un petit port agréable. Les ruelles aux façades colorées mènent toutes à la mer.















Les petits nous montrent qu’une promenade ensoleillée effectuée une glace à la main dans un petit port agréable peut se transformer en cauchemar pour les pauvres parents que nous sommes. Pauvres et  honteux lorsqu’ Émile se met à hurler dans la rue et que les passants s’attroupent afin de s’assurer qu’il n’y a pas un problème ou un blessé…
Nous finissons la journée dans un grand square avec toboggans et balançoires. Un peu de répit ? Mais non, Gaspard s’évertue à vouloir se baigner dans une fontaine, Émile, équipé de sa fameuse petite moto, manque, à chaque instant, de renverser les passants.
Nuit sur le port .

21/04/2015

Jour : 200 km     Total : 877 km

Une étonnant douceur règne sur le port de Kinsale. La route traverse de jolis paysages bucoliques.



Nous faisons la pause déjeuner sur la plage de Bantry. Ramassage de trésors sur la plage, tentative d’observation de phoques (vaine) et grande promenade.








Le Healy pass permet de passer du sud au nord de la péninsule de Brea. La végétation disparaît à mesure que la route s’élève, les lignes droites deviennent lacets et les moutons envahissent l’étroite chaussée.


Deux petits vieux contemplent la vue qui se découvre au col. J’en fais autant.






Nous prenons pneu sur la péninsule de Kerry (Ring of Kerry).


La petite ville de Sneem est animée et semble s’articuler autour de ses pubs et de ses commerces de bouche, ce qui confirme qu'ici, l'hiver est rigoureux (en plus de l'automne, du printemps et dans une certaine mesure de l'été).



Je comprends qu'on aime donc y manger et y boire dans des univers chaleureux et calfeutrés. Une plaque nous apprend que le Général De Gaulle y a séjourné après le rejet du référendum de 1969.
Aujourd’hui, c’est nous qui y dormons, les portes du fourgon donnant sur une aire de jeu complète qui nous offre un peu de repos.







22/04/2015

Jour : 177 km    Total : 1054 km

Départ tardif.
L’eau de la mer est turquoise, transparente. Le sable est blanc, le soleil radieux. Excepté le vent violent, tous les ingrédients d’une plage paradisiaque caribéenne sont réunis.








Pause déjeuner à l’extérieur sur la longue plage de Waterville.





Nous quittons la péninsule de Kerry pour celle de Dingle. Les routes sont désertes. 

 





La mer partout. Le bleu et le vert omniprésents.







La ville de Dingle passée, les panneaux routiers ne sont plus traduits, ils n’apparaissent plus qu’en gaélique. Les passants qui nous renseignent sur la route à emprunter ont un accent très prononcé. Je m’accroche parfois pour comprendre les indications.
Nous trouvons, après quelques allers-retours, un camping rural et désert.
La fin d’après-midi est dédiée au cerf-volant sur la plage, au toboggan et au vélo dans le camping. Nous dînons dehors, la douceur est exceptionnelle.










23/04/2015

Jour : 188  km    Total: 1242 km
Le Gallarus Oratory  est une église en pierre à la forme de coque de bateau renversée. Elle fut découverte en 1756 mais sa date de construction ne fait pas l'unanimité (7ème ou 12ème  siècle).



Les routes sont étroites, les falaises tombent dans les vagues. Nous sommes ici à l’extrême ouest de l’Europe, sa pointe la plus occidentale et la force des vagues nous montre que rien ne les arrête lors de leur traversée atlantique.


















Dingle est la ville principale de la péninsule. Ses pubs et restaurants, institutionnels en Irlande, arborent des façades colorées. Dans le port animé, des filets de pêche sèchent et les touristes  rougissent au soleil.





















L’attraction de Dingle : son dauphin qui peut être observé dans la baie. Des excursions touristiques invitent à aller l’observer en bateau. Celles-ci sont remboursées si l’animal est invisible. Bien que les petits ne soient pas sages, nous ne résistons pas à l’idée qu’ils puissent observer un dauphin dans son milieu naturel.
Nous embarquons donc en début d’après-midi.
La promenade est agréable. Elle permet d’avoir une vue d’ensemble sur Dingle et les montagnes qui la dominent et de longer des falaises impressionnantes. Bien sûr, tous les passagers sont aux aguets.
Gaspard a la chance de voir passer l’animal à moins d’un mètre. Émile dort depuis longtemps. Un brin de soleil, le bercement de la mer et une heure déjà tardive ont eu raison de lui…








Le Connor Pass permet de rejoindre la côte nord de la péninsule. Ses paysages sont parait-il superbes. Interdit aux véhicules de plus de 2 t et de plus d’1,80 m de large, l’itinéraire ne nous est pas accessible.
Nous filons donc jusqu’à Tralee puis prenons le ferry à Tabert pour passer l’estuaire de la Shannon River.


Nous trouvons un grand parking face à la mer à Lahinch, paradis des surfeurs irlandais.


Pas sûr qu’il soit autorisé d’y passer la nuit mais l’endroit est formidable : une aire de jeu, une belle plage, des surfeurs et une orientation ouest qui nous promet un beau coucher de soleil.
Encore une fois, la douceur est extraordinaire. L’ouest a tenu ses promesses. Coucher de soleil chaleureux…











24/04/2015

Jour : 195 km    Total : 1437 km

Ciel couvert ce matin.
Nous sommes à une dizaine de kilomètres des célèbres falaises de Moher dont la plus haute s’élève à 214 m.
Pour les rejoindre, je quitte l'axe principal afin de rester au plus près de la côte. Les routes, bordées de murets, sont de plus en plus étroites et je ne compte plus les demi-tours dans les cours de ferme. Nous sommes perdus. A chaque croisement, l’option choisie nous éloigne de la direction convoitée. Finalement, après 30 km d’errance, un panneau « Cliffs of Moher ».


Parking payant, visitors center, cars de tourisme et fléchage de l’itinéraire afin de s’assurer que personne aille dans le mauvais sens… Le Disney Land de la falaise ôte tout caractère sauvage au site. C’est dommage, c’est beau.
Le temps ne nous aide pas non plus. Parti avec Gaspard pour atteindre les cimes des falaises qui ne sont pas protégées par des parapets, nous essuyons une bonne averse.





Nous repartons, cette fois-ci, il pleut franchement.
Les limitations de vitesse en Irlande sont étonnantes. Les axes principaux sont limités à 100 km/h. Il n’est cependant pas rare d’observer un panneau « 100 » quelque soit la configuration de la route ou de son revêtement. Ainsi, à la sortie d’un village, voyant la vitesse limite autorisée, j’accélère. Mes ardeurs sont immédiatement calmées par les virages qui s’enchaînent et les nids de poule qui parsèment le bitume.


La pluie ne s’est pas calmée, au contraire, lorsque nous arrivons à Galway.

C’est dommage, nous avons trouvé une place à 200 m du centre. Après quinze minutes d’attente, nous nous décidons pour un tour de la ville en fourgon. La pluie cesse finalement et nous partons à pied, passant entre les gouttes.
La promenade est agréable et dynamique, les enfants n’écoutent pas beaucoup. Les pubs nous font de l’œil, l’idée d’une bière tranquillement installés en terrasse nous séduit mais nous sommes trop occupés à courir après les petits.













Nous prenons la route du Connemara. Les sommets sont dissimulés sous une imposante couche de nuages, le paysage est énigmatique.




Nous rejoignons Clifden, bourg endormi. Quelques courses puis nous passons la nuit sur un parking central mais sordide…




25/04/2015

Jour : 243 km    Total : 1680 km

La « Sky road » est une petite boucle d’une vingtaine de kilomètres qui part et revient à Clifden.
Elle s’élève peu à peu et domine la mer et les îlots parsemés ici ou là. Sur certains d’entre eux, des petites maisons semblent totalement coupées du monde. C’est stupéfiant de constater que les paysages sont toujours parsemés d’habitations, de belles maisons, parfaitement entretenues. Elles sont pourtant confrontées quotidiennement au vent, à l’air marin et aux intempéries.













La plage de Rinvyle Point n’est pas  le genre de plage à rester vautré sur une serviette mais le vent puissant, l’isolement et les montagnes en toile de fond lui confèrent une ambiance formidable.
Un vieux château en ruines regarde droit devant, face à l’ouest.
La tempête sévit également dans le camion. Les petits sont intenables…






Les enfants veulent voir un château. Sur ma carte, le château et l'Abbaye de Kylemore  sont sur notre route. Construit en 1867, l'ensemble compte une abbaye, le château à proprement parlé et des jardins victoriens.
La promenade est musclée mais, outre l'intérêt du lieu, nous offre un bon bol d'air.














J’avais repéré dans notre guide une « sheep farm » à 8 km au nord de Leenane. Passer quelques heures avec des moutons les calmera peut-être. En attendant, je cherche cette fichue ferme. Je ratisse la zone de long en large, l’élargissant peu à peu. Évidemment, la seule indication valable est que nous cherchons une ferme avec des moutons. Autant dire que la mission est ardue car les vertes collines sont couvertes de fermes et… de moutons.
Retour à Lennane. A L’entrée d’un pub, on m’indique qu’elle se situe au sud de la ville, sur les bords du Kilkenny Fjord. Retour sur nos pas, ça tombe bien, j’avais raté quelques photos. Je n’ai pas fini d’exaspérer l’équipage…
Les paysages sont superbes, la petite route, bucolique et la ferme de Tom, que nous trouvons enfin, rurale à souhait. Tom organise des visites pour les familles, d’autres visiteurs sont également présents.









La visite commence par une démonstration de chien de berger. Le fermier chuchote quelques mots en gaélique à son compagnon canin. Ce dernier semble opiner du chef et le voilà parti à toute vitesse sur les collines environnantes. Tom lui donne quelques indications.
10 minutes plus tard, les moutons qui était disséminés sur les flancs herbeux, sont rassemblés dans l’enclos. Beau boulot.




Petite promenade pour nous montrer comment et pourquoi il creuse et récolte la tourbe (sert de combustible).
















Le moment que les enfants (et nous) attendent avec impatience arrive: distribution de biberons aux agneaux. Dans un décor fantastique, l’après-midi passée est un bon moment de détente et l'animal semble avoir adouci les moeurs...




 
Nous filons vers Sligo. Le convertisseur du fourgon (l’appareil qui permet de sortir 220 v à partir d’un allume-cigare ) grille. Plus de dessins animés pour les enfants. Les moments à venir vont être difficiles…


Nuit sur le parking d’un pub.

26/04/2015

Jour : 243 km    Total : 1923 km

Le port de Killybegs est un port thonier, l’un des plus grands d’Irlande. Les immenses bateaux sont à quai en ce dimanche matin. Le vent et la grêle écourtent la promenade.











Nous faisons route vers l’ouest en nous nous garons sur un parking dominant la mer. Nous sommes à Slieve League,  des falaises impressionnantes, et, à la différence de celles de Moher, ne connaissent pas l’affluence.


Hautes de plus de 600 m, ce sont les deuxièmes plus hautes falaises d’Europe.
 Le gris, presque noir, qui se profile à l’horizon, n’annonce rien de bon. Nous allons nous promener avec les petits, profitant des derniers rayons de soleil. La pluie et la grêle s’abattent alors que nous déjeunons. Repas terminé, le soleil est revenu.

















J'en trouve un petit quelques kilomètres au sud de Horn Head.
La grêle et le soleil s’alternent. A la faveur d’une éclaircie pleine de promesse, je pars avec les deux garçons me promener. Ils veulent rejoindre la mer.
Plusieurs kilomètres nous séparent des vagues, nous partons donc, courageux, sur la grande route. Une petite route à droite, des barrières à ouvrir puis un sentier. Plus de chemin , des herbes hautes, des vaches curieuses qui s’approchent de nous, des clôtures électriques sous lesquelles il faut passer (électrocution pour Gaspard), et, enfin, les vagues qui viennent mourir sur une magnifique plage.













Comment revenir ? Que faire si la tempête nous cueille ? Et si Gaspard flanche ? Nous avons parcouru une sacré distance mais l'heure n'est pas aux questions, le soleil décline franchement.. Gaspard tient bon, Émile fait tout le retour sur mes épaules.
Nous rentrons au fourgon, épuisés mais satisfaits de notre aventure.







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